Cette semaine, le Tintoret et Véronèse.

Le Tintoret – Jacopo Robusti 1518-1594 Venise

Fils de teinturier d’où son surnom il Tintoretto, ce peintre est en rivalité avec le Titien chez qui il aurait fait un court passage lors de son apprentissage. Sa rapidité et sa fécondité créatrice sont remarquables. Mais quoiqu’admiré de son vivant, il est mal compris pendant les siècles suivants et son œuvre n’est reconnue qu’au début du XXe siècle.
Il réalise des compositions monumentales, notamment des commandes religieuses dont le plus grand tableau jamais peint : Le Paradis de 7 m sur 22 m, mais aussi de nombreux portraits. L’ensemble des tableaux qu’il peint pour décorer les salles de la Scuola Grande di San Rocco à Venise est admirable, et on peut y découvrir tous les aspects de son talent : immenses compositions (la Crucifixion), tourbillons de personnages, paysages enchanteurs, lumière étonnante, souvent crépusculaire. Car il éclaire ses tableaux d’une lumière qui n’appartient qu’à lui et donne à ses compositions un mouvement et une dynamique tout aussi particuliers.
Il aurait eu d’après son biographe Ridolfi, la devise suivante : « le dessin de Michel-Ange et les couleurs du Titien » et il aurait préparé ses compositions en mettant en scène des personnages modelés en cire qu’il exposait à différents éclairages, ce qui témoigne de son originalité et de sa témérité. D’autre part, par sa puissance dramatique son art semble refléter la personnalité inquiète de son auteur.

Paul Véronèse – Paolo Caliari 1528-1588.Vérone.

Il est né à Vérone comme l’indique son surnom. Après le Titien il est avec Le Tintoret le chef de file de l’école Vénitienne.
Il réalise de grands projets décoratifs comme les fresques de la villa Palladienne Barbaro à Maser où les trompe l’oeil somptueux habillent et mettent en valeur l’architecture. Il a aussi des commandes de décors du palais ducal de Venise et des commandes de tableaux religieux, notamment de l’église Saint Sébastien où il sera enterré. Il excelle à peindre les scènes festives et joyeuses dans le cadre somptueux où évoluent ses commanditaires, et sa peinture traduit une certaine joie de vivre de cette société mondaine et fastueuse.
N’oublions pas que Venise était très riche et puissante et que les commanditaires tant civils que religieux étaient nombreux.
Véronèse n’hésite pas à laïciser les scènes religieuses, mettant des bouffons dans la suite de Jésus par exemple, ce qui lui causera quelques soucis auprès de l’Inquisition. Il revendiquera alors « les mêmes licences pour les peintres que pour les poètes et les fous », mais il devra changer le titre du tableau La Cène par Le repas chez Lévi. Il aurait pu s’en sortir plus mal.
Il connut un grand succès et avait un atelier avec de nombreux collaborateurs. Sa peinture lumineuse et généreuse, glorifiant la beauté et la joie de vivre aura une influence continue sur les artistes des siècles suivant dans toute l’Europe, particulièrement remarquable chez Rubens et Tiepolo. A la suite du courant maniériste deux courants se dessinent en Italie à la fin du 16ème siècle et au 17ème siècle, représentés par les Carrache et leur école d’une part et Le Caravage d’autre part.

Quelques liens utiles sur Véronèse

https://www.wikiart.org/fr/paul-veronese
https://www.beauxarts.com/grand-format/ep-1-la-recette-perdue-du-vert-veronese/

Sur le Tintoret

https://www.wikiart.org/fr/le-tintoret
https://www.beauxarts.com/grand-format/le-tintoret-en-2-minutes/
https://www.e-venise.com/art-peintres/atelier_tintoret_ca_tintoretto_venise.htm

Pour apprendre à peindre comme le Tintoret ou Véronèse, contactez l’Atelier Re-naissance

le tintoret