Nous continuons notre exploration des primitifs italiens par quelques éléments techniques.
La connaissance des techniques de la peinture médiévale a été largement facilitée par la technologie des temps modernes. L’identification et l’analyse des supports, du médium, et des pigments ainsi que les radiographies aux rayons x et à l’infrarouge, ont aidé à clarifier les méthodes et les matériaux utilisés par les peintres du Moyen-Age. L’unique œuvre de référence de l’époque et qui apporte de précieux enseignements est le traité de Cennino Cennini « Il libro del arte » écrit en 1390. Cennino Cennini était lui-même un peintre toscan, dont il n’est resté aucun tableau que l’on peut lui attribuer avec certitude, mais qui a pratiqué les techniques qu’il décrit.
Construction des panneaux :
Les Italiens jusqu’au XVIIème siècle utilisèrent presque toujours des planches de peuplier. Le peuplier est un arbre à croissance rapide, spécialement quand il pousse au bord de l’eau, ce qui donne un bois tendre. Bien qu’il soit de qualité médiocre, les peintres italiens utilisaient le peuplier, ayant probablement peu le choix de faire autrement à cause de la déforestation induite par l’agriculture et les pâturages. Le peuplier autochtone était donc le seul arbre donnant des troncs librement disponibles et fournissant des planches de taille raisonnable.
Les préparateurs de panneaux ne semblaient pas concernés outre-mesure par la coupe du bois. Les haches et scies étaient utilisées pour débiter les rondins, toujours en planches relativement épaisses, à cause de la faiblesse et du manque de densité du peuplier. Les planches étaient emmagasinées jusqu’à ce qu’elles soient sèches et prêtes à l’emploi. Bien qu’il ne donne aucune indication sur le temps de séchage, Cennini était conscient de la nécessité du séchage complet du bois. Un séchage insuffisant entraînait une rétractation des planches pendant qu’elles continuaient à perdre leur humidité. Le bois travaillait donc, ce qui entraînait des fissures et craquelures prématurées du panneau. A moins que les peintures soient de très petite taille ou longue et étroite comme une prédelle, il était nécessaire de joindre plusieurs planches entre elles pour faire le panneau. Le panneau de bois était encollé puis enduit avec un mélange de colle de peau et de craie ou de plâtre (gesso).
Pose de l’or :
Après avoir reporté le dessin, celui-ci était gravé afin de délimiter la zone recouverte d’or de celle qui allait être peinte.
Des gravures ou des reliefs suivant un dessin décoratif était souvent présentes sous la dorure, et après avoir reçu les feuilles d’or, le panneau était enfin peint.
La pose de l’or se faisait à l’eau selon la méthode qui donne le plus beau résultat et qui est encore utilisée traditionnellement aujourd’hui par les artisans doreurs. Cette méthode permet de brunir la dorure, c’est-à-dire de la faire briller en écrasant la feuille à l’aide d’une pierre d’agate polie. Une fois doré, le panneau était prêt pour la peinture.
Vous trouverez ici quelques exemples de copies de primitifs italiens par les élèves de l’Atelier Re-naissance. Pour en savoir plus sur nos cours et nos stages de peintures, contactez-nous.





