Nous avons vu la semaine dernière qu’à partir du XIIeme siècle, les métiers et notamment le métier de peintre, s’organisent en structures corporatives (guildes) qui assument une fonction économique et sociale de plus en plus importante. Il était obligatoire d’appartenir à la guilde et personne ne pouvait pratiquer son métier sans en être. Les règles d’une guilde de peintres variaient considérablement selon les villes.

Les paiements s’effectuaient généralement en trois étapes : au début du travail, pendant la réalisation, et une fois l’œuvre terminée. Parfois le matériel était acheté par le peintre qui était remboursé ensuite. Mais parfois, le matériel : or et pigments, était fourni par le client Il arrivait aussi que le client fournisse le boire et le manger. Il y avait aussi dans les contrats la transcription de l’obligation morale qu’avait le peintre de faire de son mieux. L’artiste médiéval était avant tout un artisan. Les catégories professionnelles dépendaient largement des matériaux et techniques employés et les artistes ne constituaient pas un corps de métier en soi. En fonction des caractéristiques particulières des matériaux employés, ils s’associaient aux professions les plus proches. Le travail du peintre entraînait, comme l’a montré Cennini, aussi bien la préparation que l’application des matériaux utilisés et il n’était pas confiné dans la production d’images. Il leur arrivait de vendre des articles de sellerie qui étaient décorés de la même façon que les tableaux, peints et poinçonnés, ils pouvaient exécuter des ouvrages de décoration : bannières, couvertures de livres …

Souvent les peintres fournissaient des dessins de vitraux, mosaïques ou sculptures qui étaient exécutés par d’autres artisans. Nous savons que les peintres médiévaux étaient assistés par des apprentis et parfois par d’autres maîtres. Chaque maître ne pouvait prendre qu’un seul apprenti. La période d’apprentissage était très variable : de trois à huit ans. L’apprenti devait avoir moins de vingt-cinq ans et le maître devait avoir pratiqué son art depuis au moins trois ans pour avoir le droit de prendre un apprenti. Cennino recommandait une année d’apprentissage pour le dessin, six années pour apprendre à préparer les panneaux, fabriquer les couleurs et poser la dorure tout en continuant le dessin, et encore six ans pour apprendre à peindre réellement les panneaux.

La semaine nous aborderons les éléments techniques des primitifs italiens.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter ICI.