Au XIIIe et XIVe siècles, le mécénat dans la peinture avait essentiellement un but religieux. Quelquefois les retables étaient payés par des corporations religieuses, parfois c’étaient des personnes privées, des grandes familles dont on reproduisait les armes ; Quelques membres du haut clergé ont aussi commandé des petites pièces pour leur usage personnel mais d’une façon générale il était rare que des peintures religieuses soient commandées pour un usage privé. Le choix du sujet n’était jamais arbitraire. Il se rapportait aux saints auxquels étaient dédiées les églises qui passaient commande ou bien il reflétait les souhaits du client. L’impact des images religieuses sur l’imagination populaire était profond.
Les personnages peints étaient identifiés aux personnages vénérés qu’ils représentaient. Pour beaucoup de gens il n’y avait pas de dichotomie entre le monde réel et le monde imaginaire. Les mystiques avaient des visions dont le symbolisme pictural venait directement de l’imagerie populaire. Les peintres italiens médiévaux avaient parfaitement connaissance de la fonction religieuse des retables qu’ils peignaient. Non seulement les retables étaient une manifestation tangible de la ferveur religieuse ; mais ils étaient aussi destinés à instruire la population illettrée.
A partir du XIIeme siècle, les métiers s’organisent en structures corporatives qui assument une fonction économique et sociale de plus en plus importante. Tous les corps de métier étaient organisés en guildes (associations réglant la production, les ventes…) Il était obligatoire d’appartenir à la guilde et personne ne pouvait pratiquer son métier sans en être. Les règles d’une guilde de peintres variaient considérablement selon les villes.
Généralement, elles demandaient à leurs membres de respecter certains jours fériés, incluant la fête de St Luc le 18 octobre, le saint Patron des peintres, et de prendre part aux processions religieuses. Elles contrôlaient toutes le matériel utilisé par les peintres. Par exemple, les statuts de la Guilde de Sienne en 1355 interdisaient la substitution de l’or pur par de l’argent doré, de l’argent par de l’étain, de l’outremer par de l’azurite, de l’azurite par de l’indigo, et du vermillon par du minium. Elles étaient garantes de l’éthique de la profession. Le travail des peintres était aussi soumis au contrôle exercé par le commanditaire, par le biais des contrats passés entre les peintres et leurs clients. Les rares contrats de l’époque qui nous sont parvenus nous montrent qu’ils étaient très détaillés et précis pour tout ce qui concernait la taille et le contenu de l’œuvre : sujet, composition, matériaux, délais de livraison…
Si vous aussi vous souhaitez apprendre à peindre comme les maîtres primitifs italiens, contactez nous.
