L’installation d’un peintre consistait en une habitation où logeaient ses assistants et lui-même, un atelier et une boutique ou au moins une vitrine pour pouvoir exposer les tableaux à vendre. Rogier van der Weyden qui occupait deux propriétés voisines à Bruxelles, dirigeait probablement un atelier exceptionnellement vaste et bien organisé. Les deux principales catégories d’assistants étaient :

  • les apprentis, qui, pour la plupart étaient de très jeunes hommes
  • les employés, qui étaient expérimentés mais qui n’avaient pas les moyens ni peut-être même le désir, de s’installer à leur compte. Ils prenaient donc un emploi chez un peintre qui avait seul droit au marché.

La mobilité était une composante essentielle du système corporatif, car seul un nombre infime de compagnons était capable d’acquérir la maîtrise, et de faire les investissements nécessaires pour monter un atelier. Ils constituaient un réservoir de main d’œuvre mobile qui permettait aux ateliers de réagir aux fluctuations de la demande. On ne trouvait des ateliers demandant de la main d’œuvre que dans les grandes villes et les distances que devaient parcourir les peintres à la recherche de travail étaient donc importantes. C’est ainsi que certains compagnons se retrouvaient en Angleterre, les pays germaniques, les pays baltes, le sud de la France, l’Espagne ou le Portugal.

Les assistants.

Il est difficile de déterminer combien de personnes travaillaient dans un atelier. Il n’y a pas moyen de savoir avec combien de personnes travaillait Rogier van der Weyden mais il est important de se rappeler que, après qu’il eut déménagé à Bruxelles, il continuait de diriger un atelier à Tournai. Rogier va der Weyden dirigeait un vaste atelier très productif où il semble que beaucoup de travaux étaient peints par les assistants qui suivaient ses instructions et utilisaient ses modèles. Jan van Eyck, par contre, semble avoir moins compté sur le travail de ses assistants.

Chaque détail du portrait du couple Arnolfini est peint avec l’habileté inégalée de van Eyck lui-même. Les assistants l’ont peut-être aidé dans le travail de préparation du panneau et pour les sous-couches, mais leur principale tâche semble d’avoir préparé le matériel de peinture et nettoyé l’atelier. Cela était bien sûr essentiel, et les manuels de l’époque sur la pratique de la peinture insistent sur le fait que les lieux où les tableaux étaient peints et mis à sécher devaient être rigoureusement nettoyés.

Les assistants étaient bien évidemment de compétence inégale. Même le plus talentueux des jeunes apprentis devait participer aux tâches subalternes et quotidiennes, alors que certains d’entre eux étaient de très bons peintres, parfois supérieurs à leur maître. Dans un grand atelier, quelques employés pouvaient développer et exploiter un talent particulier.

Pour finir, un petit tour en « 2 minutes » de Beaux-Arts sur Rogier Van Der Weyden.  
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