Cette semaine nous parlons toujours des primitifs flamands et de leurs différents mécènes.
Les mécènes étrangers.
Nombreux sont les commerçants italiens, portugais, espagnols, français qui travaillent et résident en Flandre : Arnolfini (dont Jan van Eyck a fait le portrait en compagnie de son épouse), Portinari, Adornes… Ils contribueront par leurs commandes et leurs voyages à diffuser l’art flamand en Europe. Pour les marchands locaux ou étrangers de Bruges, comme pour les artisans organisés en confréries, l’Art était le mode d’expression privilégié d’un rang social élevé. Les hauts dignitaires ecclésiastiques (commande d’un triptyque à Memling pour l’archevêché de Florence), et les cours étrangères contribuèrent à l’essor de la peinture flamande. La reine Isabelle de Castille favorisa l’implantation d’artistes en Espagne en leur accordant des exonérations fiscales.
Le mécène amateur.
Quelques-uns uns des mécènes flamands qui étaient des gens instruits étaient eux-mêmes des artistes amateurs. Philippe de Bourgogne (1464-1524), un fils illégitime de Philippe le Bon avait appris dans sa jeunesse à peindre et à travailler l’or. Cela lui permettait d’apprécier avec plus de pertinence le travail des peintres, le pratiquant lui-même. L’empereur Maximilien Ier conseillait aux princes et aux généraux d’apprendre à peindre. Sa fille Marguerite était peintre et sa boîte de peinture fut répertoriée, en compagnie du tableau de van Eyck : « Les époux Arnolfini » dans l’inventaire de sa collection en 1523.
Le marché des tableaux.
Quand un grand tableau était commandé, l’usage était de préparer un projet de contrat, le commanditaire pouvait alors exposer exactement ce qu’il souhaitait. Le projet lui-même restait la propriété de l’artiste. Des changements pouvaient être introduits avec l’accord des deux parties.
Le marché libre.
D’autres peintures étaient produites, parfois en quantité, pour la vente sur le marché libre : directement à l’atelier des peintres, dans les grandes foires annuelles d’Anvers ou d’ailleurs, ou par l’intermédiaire de vendeurs. Les nombreux diptyques de « mater dolorosa » ou de « Christ à la couronne d’épines », provenant de l’atelier de Dirk Bouts, étaient très demandés. La « Marie-Madeleine » de l’atelier du Maître de la légende de Sainte Marie-Madeleine est un autre exemple de sujet qui devait bien se vendre. De nombreuses versions étaient peintes et, encadrées à bon marché, procuraient des revenus fixes au maître.
Pour en savoir plus sur les « Epoux Arnolfini », un petit tour à la National Gallery de Londres ICI.



