Quelques textes nous laissent entendre que la peinture à l’huile doit son essor à l’invention des frères van Eyck. Mais la technique était connue bien avant ! Cennini (XIIIe siècle) nous en parle dans son traité « il libro del arte » de la peinture à l’huile sur mur ou sur panneau. L’huile servait pour les grandes surfaces, pour les vernis, pour les glacis, les sculptures peintes. Auparavant, au XIIe siècle, le moine Théophile dans son livre « Essai sur divers arts » décrit le procédé en le condamnant parce que l’huile mettait trop longtemps à sécher.

Pour utiliser l’huile pure il fallait la diluer, et c’est en la préparant spécialement avec un diluant tel que la térébenthine que les Flamands, en particulier, les frères van Eyck, ont alors montré tout le parti que l’on pouvait tirer de cette matière souple et grasse. La trouvaille des van Eyck nous amène à une matière picturale ayant presque la qualité d’un « émail » tout en permettant la transparence et la fusion des tons sans négliger la virtuosité des détails. Plusieurs points de vue s’affrontent sur la nature du procédé : Certains (A. Laurie, Ernst Berger) pensent à la présence d’une émulsion : composée d’huile, de vernis (résine), d’œuf, et d’eau. L’huile et le vernis assurent le brillant et la transparence des tons, l’œuf et l’eau le mordant et la fluidité du véhicule, ce qui donne une matière souple pour les mélanges et ne fuyant pas sous le pinceau, une véritable détrempe à l’huile avec de minces couches de vernis pour éviter les embus. D’autres comme A. Ziloty pensent à un véhicule oléorésineux étendue avec un diluant volatile (essence de térébenthine ou essence d’aspic) qui aurait été commercialisé début XVe siècle.

Recherche effectuée par Jacques MAROGER :
Reconstitution sur un vernis frais à base d’huile bouillie et de produits siccatifs (verre pilé et os calciné, le tout étendu d’essence).
Le diluant employé aurait été une émulsion composée d’huile bouillie, d’essence, d’eau et d’oeuf.

Autre méthode :
Peinture avec huile de lin polymérisée (stand oil du commerce). Exécutée sur un dessous à la tempéra. En ce qui nous concerne, après moult essais et recherches, nous avons abandonné la “théorie” de l’oeuf et sa pratique. Les lumières sont posées avec au blanc pur dans des glacis colorés, et les ombres sont obtenues par une succession de glacis colorés. C’est simple, c’est beau et ça marche !

Les frères Van Eyck et notamment le Retable de l’Agneau Mystique, tiennent une place privilégiée à l’Atelier Re-Naissance. Effectivement, en 2016, André Fisch en commença l’ambitieuse copie. Nous allons donc nous attarder quelques semaines sur ces deux peintres flamands dont le talent et l’œuvre sont immenses.

L’admirable documentaire « La tentation du réel » de Joachim Thome et Jérôme Laffont. Tourné après restauration du retable, est à voir absolument.

Pour apprendre la technique des frères Van Eyck, contactez l’Atelier Re-naissance ICI.