Cette semaine nous entrons dans les ateliers du Fayoum avec quelques informations techniques.
LA TOILE
Dans les ateliers du Fayoum, la toile de lin, peinte au naturel ou enduite, fut presque autant utilisée que le bois. La souplesse de sa texture permet de penser qu’on la réservait aux portraits d’usage strictement funéraire, destinés à être posés sans autres fonctions sur la momie.
LE BOIS
Les panneaux de bois ont une épaisseur qui varie entre 2 et 20 millimètres. Leur dimension varie entre 40 et 44 centimètres de hauteur sur 21 à 24 centimètres de largeur. Les bois les plus utilisés sont les essences indigènes comme le sycomore ou l’acacla. Mais les portraits étant des objets de luxe, certains ont été peints sur des bois importés, tels le cèdre ou le tilleul, dont on appréciait la qualité. A quelques exceptions près et quelle que soit l’essence employée, le bois était travaillé de façon à ce que les veines suivent verticalement la surface à peindre. Celle-ci était le plus souvent recouverte d’un enduit blanc de texture lisse et serrée (le gesso) composé de sulfate de calcium ou de plâtre auquel on ajoutait un liant albuminoïde.
LES PIGMENTS
La fraîcheur légendaire des peintures égyptiennes tient, on le sait, à la qualité des pigments utilisés, presque tous d’origine minérale, plus résistants que les pigments organiques. La palette des artistes égyptiens de la période pharaonique ou celle des peintres du Fayoum qui leur ont succédé, était aussi étendue que la nôtre, puisqu’elle offrait une large gamme de couleurs: le blanc, le noir, et donc les gris, les bruns du beige au marron, les bleus et les rouges qui par combinaison donnaient le violet, les jaunes et les verts.
Le blanc, noir et gris : le blanc était fait de carbonate ou de sulfate de calcium. Le noir avait pour base le charbon de bois réduit en poudre ou la suie. Le gris était issu du mélange des substances précédentes ou tiré de l’argile naturelle avec inclusion de fer.
Les bruns : les bruns s’ils n’étaient pas dus à la combinaison de rouge et de noir, consistaient en ocres naturelles, plus rarement en oxydes de fer, ombre brûlée ombre naturelle.
Les rouges : tous les rouges provenaient d’oxydes de fer.
Les bleus : les bleus étaient extraits de l’azurite, soit d’un carbonate de cuivre qu’on allait chercher dans le Sinaï.
Les jaunes : ocre jaune, pour les moins intenses, abondant à l’état naturel dans tout le pays Orpiment et pour les autres, d’un dérivé naturel de l’arsenic sulfuré. Très toxique, il fut néanmoins largement utilisé.
Les verts : obtenus par combinaison du bleu et du jaune pour les verts communs. La malachite du Sinaï broyée et des composants cuivreux étaient aussi utilisés.
Les oranges, violets et roses : ces couleurs s’obtenaient par alliage des pigments respectivement rouges et jaunes, rouges et bleus et rouges et blancs. En période gréco-romaine fut mis au point un rose plus cru et intense en ajoutant à du gesso étendu d’eau, de l’extrait de racine de garance importée de Grèce, puis cultivée dans le Fayoum. Les pigments broyés, lavés de leurs impuretés, se présentaient dans de petits godets de pierre sous forme de pains compacts. Ils étaient alors prêts à être mélangés aux liants.
Pour conclure, l’histoire de la découverte de ces peintures dans cet article du National Géographic
