Dès les premières dynasties, les médiums utilisés furent l’eau additionnée de gomme, de colle albuminoïde ou d’albumine pure, le blanc d’œuf le plus souvent (technique de la tempera) et la cire. L’usage de la cire d’abeille était connu des artistes du Nouvel Empire. Etendue sur l’œuvre achevée comme un vernis, elle ravivait les couleurs et protégeait la surface peinte. En peinture, la technique de l’encaustique semble n’être apparue que vers -300 ans avant JC. On incorporait dans la cire peut-être additionnée de résines, des pigments et ce mélange était appliqué à l’état pâteux avec une spatule ou une brosse. La peinture était ensuite reprise à l’aide d’une spatule chaude, le cauterium, d’où le nom d’encaustique. Cela permettait de donner un aspect fondu aux couleurs. Il convient d’être prudent dans l’interprétation de la manière de peindre des artistes du Fayoum, car, en dépit des explications de Pline, de nombreuses zones d’ombre demeurent. Le procédé se distingue de la tempera par le choix du liant : cire au lieu d’eau. La difficulté est de trouver un moyen pour émulsionner la cire car la faire bouillir ne suffit pas, dans la mesure où, dès qu’elle refroidit, la cire redevient solide.
Un premier procédé consiste à utiliser la cire à chaud.
On a retrouvé dans les pyramides l’outillage nécessaire à la pratique de cette technique. Sur un plateau de terre cuite couvert de cendres étaient posés des godets contenant un mélange pigmenté de cire et de résine et des spatules en bronze.
Un deuxième procédé consiste à émulsionner la cire.
Puisque la faire bouillir n’est pas suffisant, on ajoute donc à la cire en ébullition du carbonate d’ammonium. Il convient d’ajouter à la cire émulsionnée une certaine quantité de colle de façon à ce que la peinture adhère bien au support (cerra colla).
Un troisième procédé consiste à dissoudre la cire dans de l’essence de térébenthine.
C’est ce procédé que nous utiliserons pour nous familiariser avec la pratique de la peinture à la cire.
Recette de la cire dissoute dans l’essence de térébenthine :
Couper de la cire d’abeille blanche en petits morceaux et la laisser fondre dans deux fois son volume d’essence de térébenthine en mettant le récipient au bain-marie.
Attention ! le point de fusion de l’essence de térébenthine est très bas. Donc ne pas laisser le mélange sans surveillance, utiliser exclusivement une plaque électrique et mettre le récipient contenant le mélange au bain-marie.
Ajouter à cette cire 1/4 à 1 /5 de volume de vernis Dammar pour éviter qu’elle ne durcisse en refroidissant. Plus il y aura de Dammar et plus la cire sera molle. Laisser refroidir. Fluidifier si nécessaire avec de l’essence de térébenthine lors de l’utilisation.
Pour terminer, voilà ce qu’en dit Le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France.
