Cette semaine nous continuons notre exploration des portraits du Fayoum avec cette interrogation : les portraits du Fayoum étaient-ils peints d’après le modèle vivant ?
On peut se poser la question, en effet. L’usage de Rome voulait que l’empreinte soit prise sur le visage quelques heures après la mort, on voit mal les romains d’Egypte faire appel aux peintres de leur vivant déjà.

Cependant ces portraits respirent une telle vie, qu’il paraît impossible qu’un peintre ait pu restituer l’étincelle de la vie à partir d’un visage éteint. Les avis des spécialistes ont longtemps divergé. Néanmoins, on s’accorde à dire que les portraits du Fayoum ont bien été peints d’après le modèle vivant, qu’ils ont figuré dans leurs maisons pour ne prendre leur sens dernier qu’au moment de la mort, quitte à être remaniés pour répondre aux exigences du rituel.

D’ailleurs en regardant les portraits de près, on remarque que leurs revers sont souvent tachés de plâtre ou de bitume et que certains portent sur leur pourtour des traces de clous. Ce qui semble indiquer que les portraits, avant d’être érigés en masque funéraire ont eu une fonction ornementale ou domestique. En dégageant les portraits des bandelettes et des suaires qui les entouraient, on s’est aperçu que nombre d’entre eux ont conservé tout ou partie de leur cadre d’origine : baguettes de bois peint, stuc parfois doré et décoré.

Pour être adaptés sur la momie et pour occuper la place qu’on leur réservait, les portraits ont été transformés, rognés quand ils étaient trop grands, élargis lorsqu’ils étaient trop petits, de façon grossière, pour donner au panneau la forme caractéristique d’une stèle allongée.

Vous trouverez de plus amples renseignements sur le site de la Fondation Jacques-Edouard Berger.

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